[Entretien] Pauline Vatant, Consultante Marketing et Innovation

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Au sein du cabinet CCBC Marketing, l’analyse ne se limite pas aux statistiques froides. Pour accompagner les PME de l’industrie et de l’IT, la structure mise sur une compréhension profonde des comportements humains. Pauline Vatant, Consultante Marketing et Innovation, incarne cette expertise où la rigueur scientifique des études de marché rencontre l’intuition du terrain.

Avant de rejoindre l’aventure entrepreneuriale de Clothilde Cambournac en 2024, Pauline a affiné ses méthodes pendant plus de six ans en instituts d’études. Initialement spécialisée dans les études qualitatives, elle a développé une capacité à décrypter ce qui se joue entre les lignes d’un discours consommateur.

Pouvez-vous nous présenter votre parcours et ce qui vous a menée chez CCBC Marketing ?

Pauline Vatant – « Après une école de commerce, je me suis spécialisée en master dans les études marketing. J’ai travaillé plus de 6 ans dans des instituts en tant que chargée d’études qualitatives. Ces expériences m’ont appris l’organisation, la relation humaine – savoir interagir avec une large palette de personnalités – et l’analyse de dizaines de feedbacks pour en extraire des insights pertinents. J’ai intégré CCBC Marketing en 2024 car j’avais besoin d’aller vers plus de proximité client. »

L’arrivée de Pauline au sein du cabinet marque une nouvelle étape pour CCBC Marketing, renforçant sa position de cabinet d’études plutôt que de simple agence de communication. En apportant une expertise solide forgée en institut, elle permet aux PME de l’industrie et de l’IT de bénéficier d’une rigueur d’analyse souvent réservée aux grands groupes. Avec une approche centrée sur l’humain et la proximité, cette compétence s’aligne parfaitement avec la volonté de la dirigeante, Clothilde Cambournac, de proposer un marketing authentique et pragmatique, loin des modèles standardisés.

On confond souvent sondage et étude de marché. Chez CCBC Marketing, comment mariez-vous la rigueur des chiffres avec la subtilité des émotions clients ?

Pauline Vatant – « Pour aider un client à évaluer un nouveau marché, il faut des données robustes et chiffrées sur les tendances et les acteurs. Mais ce n’est pas suffisant. Le meilleur moyen de connaître son marché est d’aller à sa rencontre. C’est là où les études qualitatives ont toute leur importance : en échangeant avec les clients ou les prospects, on se rend compte de la réalité du terrain, des freins concrets et des réelles attentes. Avoir plusieurs cordes à son arc est la clé de la réussite que nous développons ici. »

Cette méthodologie hybride est le moteur de la stratégie opérationnelle du cabinet. En ne se contentant pas de statistiques froides, Pauline et l’équipe de CCBC Marketing parviennent à vulgariser les mécaniques marketing pour des dirigeants souvent issus de l’ingénierie. L’objectif est de transformer une offre technique en une proposition de valeur attractive, en s’assurant que chaque décision stratégique repose sur une compréhension fine des enjeux métiers et des réalités psychologiques des acteurs B2B.

Quel est votre secret pour isoler un « insight » clé au milieu d’une masse de données ?

Pauline Vatant – « C’est ici que l’expertise métier prend toute son importance : l’instinct. Au-delà de la répétition d’un insight partagé par plusieurs clients, il y a aussi les signaux faibles. Que ce soit dans la communication non-verbale ou para-verbale – même en visio – on arrive à relever des indices nous mettant sur la piste d’une problématique importante à creuser. Cet instinct se construit avec le temps et l’expérience des projets d’études. »

Avez-vous un exemple où un insight a radicalement changé la vision d’un client ?

Pauline Vatant – « Un client dans l’automotive était persuadé de la fidélité de ses clients car ils étaient satisfaits. Or, en échangeant avec eux, nous avons réalisé qu’ils étaient fidèles non par choix, mais par obligation, car le concurrent n’intervenait pas sur leur branche. Fidélité et satisfaction sont deux concepts distincts. Cet insight prouve l’importance des études (qualitatives) pour soulever des sujets qui n’auraient pas été décelés via de simples bilans commerciaux chiffrés. »

Ce type de révélation souligne pourquoi CCBC Marketing se définit comme le bras droit opérationnel des dirigeants. En confrontant les intuitions de la direction à la réalité (parfois brutale) du marché, le cabinet évite des investissements stériles. Cette capacité à bousculer les certitudes par la pédagogie permet aux industriels d’adopter des stratégies plus vertueuses et rentables, garantissant un retour sur investissement (ROI) concret et pérenne.

L’IA générative transforme l’analyse de données. Comment voyez-vous cet outil évoluer dans votre métier d’experte ?

Pauline Vatant – « D’un point de vue marketing, l’IA est un outil fabuleux pour la recherche documentaire, mais à nous analystes de faire le tri et de croiser cela avec le terrain. On voit apparaître des fonctionnalités pour « discuter avec des personas IA », mais cela ne se suffit pas à soi-même. L’humain, que ce soit la voix des clients ou l’instinct des experts, ne peut être exclu. L’humain est encore loin d’être remplacé. »

Chez CCBC Marketing, l’IA est perçue comme un levier de productivité pour les tâches à faible valeur ajoutée, permettant à l’équipe de se concentrer sur la réflexion stratégique et le « supplément d’âme ». Clothilde et Pauline partagent cette vision : l’outil technologique doit rester au service de la relation humaine. Dans des secteurs de pointe comme l’industrie et l’IT, la finesse d’une stratégie sur-mesure et la pédagogie restent des piliers que l’automatisation seule ne peut égaler.

Comment rassurer et convaincre un client que ne pas écouter la voix de ses clients est en réalité le risque le plus coûteux qu’il puisse prendre ?

Pauline Vatant – « Se lancer sans consulter ses futurs prospects, c’est comme cuisiner sans recette : le succès n’est jamais garanti. L’échec du parfum BIC illustre ce danger : malgré une marque puissante, l’absence d’étude sur l’image du produit (un luxe dans un briquet) et son lieu de vente inadapté a causé un flop historique. Ignorer son marché est le risque le plus cher. »

Pour Pauline, l’étude de marché est un investissement de sécurité indispensable, particulièrement dans l’industrie et l’IT où les cycles de développement sont coûteux. L’erreur de BIC démontre qu’une innovation technique ne suffit pas sans une compréhension des codes psychologiques des clients. En agissant comme un bras droit stratégique, CCBC Marketing transforme l’incertitude en croissance mesurable et pérenne.